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Son
tempérament impatient le pousse à
travailler l'aquarelle plutôt que la peinture
à l'huile qui nécessite un matériel
relativement encombrant et demande trop de temps.
Pour lui, rien de plus simple à emporter
qu'un bloc de papier ou quelques feuilles, un
crayon, un ou deux pinceaux, une boite avec
un minimum de couleurs et quelques tubes. Ce
matériel le suivra partout, que ce soit
en Mer Rouge (avec ses caisses d'armes ou de
hachisch), en Ethiopie ou au Kenya. Un peu plus
d'une heure sur le sujet et c'était fini,
il pouvait reprendre sa route ou passer à
autre chose.
Sa manière est classique
et sa technique sans effet exagéré.
Il travaille le papier souvent à sec
(on le comprend sous ces chaudes latitudes),
et procède par petites touches sans grands
aplats et sans cloisonnés de blancs.
Il
ramènera de très nombreux paysages
illustrant les contrées qui lui sont
chères : bords de mer, îles, désert
dankali, plateaux du Tchertcher, ports yéménites,
etc. Pendant la deuxième guerre mondiale,
son séjour forcé au Kenya sera
l'occasion d'inonder les salons des colons et
militaires anglais de Nairobi, car il vend bien.
Pendant cette période, l'aquarelle est
même devenue son principal gagne-pain!
Rentré en France il continue
avec ardeur cette activité parallèlement
à celle d'écrivain, soit sur de
nouveaux sujets: son Roussillon natal ou bien
le Berry, là où est sa maison
d'Ingrandes. Mais il lui arrive aussi de reprendre
les anciens sujets qu'il aime tant, ceux de
la mer rouge. Sa famille, ses amis ou ses relations
reçoivent dans les années 60 sa
carte de vux décorée d'une
petite aquarelle copiée ou inspirée
des originales.
Henry
de Monfreid est prolifique jusqu'à la
fin de sa vie, bien qu'il n'y voie plus très
bien passé quatre vingt dix ans. On peut
estimer que son uvre peinte approche le
millier. Le ministère de l'Education
Nationale et des beaux-arts s'est porté
acquéreur de deux aquarelles dés
le début des années 1930. Son
travail a été exposé dans
diverses expositions:
Paris, salon d'Hiver (1935); Paris, galerie
Charpentier (années 50); Narbonne, Palais
des archevêques (1983); Toulouse, galerie
privée (1996); Rochefort, Corderie Royale
(2002).
Aujourd'hui
la galerie virtuelle de ces uvres sur
un site Internet reconstitue son idée:
exposition de plus d'une centaine d'aquarelles
comme il l'avait fait dans son grenier d'Ingrandes.
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